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Les revêtements des panneaux


Le plus célèbre est sans conteste le stratifié décoratif, très présent sur les plans de bar, cuisine, toilette, coiffure, tables de bistrot et de cafétéria, et toutes surfaces fortement sollicitées et très souvent nettoyées. Le stratifié haute pression (HP) est un matériau normalisé très solide obtenu par pressage de plusieurs feuilles de kraft imprégnées de résine thermodurcissable à haute température et d’un décor.

La face supérieure du sandwich est une feuille de papier donnant le décor (photo de bois, couleur, ou autre reproduction) ou bien une feuille d'aluminium ou de cuivre martelé, ou encore un placage fin de bois véritable. Cette face est en principe protégée par une feuille de papier mélaminé transparent, appelée "overlay" et cuite avec l'ensemble, ce qui confère au stratifié exposé aux contraintes toute sa résistance à la chaleur, aux rayures et à l'abrasion.

C'est donc un matériau composite "haut de gamme", très performant. Les épaisseurs courantes vont de 6 à 15/10èmes de mm. Il existe aussi des stratifiés très épais, appelés à tort "stratifiés massifs", conçus pour des panneaux porteurs, par exemple des plateaux de tables de bar, des tables de ping-pong, des agencements de piscine.

Normalement rigide, le stratifié a une variante : le stratifié "postformable", c'est-à-dire se prêtant au cintrage à chaud, par exemple pour épouser les angles internes et les bords arrondis des plans de cuisine et de salle d'eau : on évite ainsi les ruptures d'étanchéité dues aux joints de collage au niveau du mur et des chants.

Comme pour les placages, un contrebalancement en sous-face est nécessaire pour équilibrer le panneau, notamment lorsqu'il est soumis au fluage sous charge ou à des variations d'ambiance. Pour les plans de cuisine ou de toilette, en général épais et bien maintenus, ce contrebalancement est souvent économisé. En revanche, pour des grandes portes, il est indispensable, sous peine de déformations systématiques sous l’influence du poids, des variations d’humidité et de température

Les papiers "décor"

Très voisins des effets donnés par les PPSM, ceux des papiers "décor" rendent difficiles la distinction. Ce sont de très beaux papiers de couleur ou imitant le bois, relief du grain compris, collés sur les panneaux, comme on le ferait de papiers fins. Pour les pièces exposées, la résistance du décor est conférée par son épaisseur et par un vernis dur soit d'origine, soit ajouté, comme par exemple sur les plateaux de bureaux pour enfants, très sollicités.
Les revêtements "polymères"

Très utilisés dans les meubles de cuisines et salle d'eau pour leur rôle de barrière à l'eau et à la vapeur, et leur facilité de nettoyage, les films minces de polymères étirables à chaud présentent l'avantage de pouvoir être moulés sur les façades, par thermoformage et collage le plus souvent, sur des panneaux de medium usinés en relief. Ils peuvent eux aussi être présenter une surface dont le grain et la teinte imitent le bois.

A froid, certains films de PVC sont collés par calandrage sur des panneaux destinés aux meubles de salle d'eau économiques par exemple.

Comment s'y reconnaître ?

Le bois est un matériau si attachant, mais aussi imprévisible que la Nature dans ses aspects et ses comportements, qu'une tendance industrielle est de lui substituer des matières qui gomment ses inconvénients par une qualité technique constante, tout en offrant son apparence, mais standardisée.

Le bois peut donc être imité de différentes manières : si vous avez un doute sur la réalité de la matière ou de la surface du meuble convoité, sur la vérité de la description catalogue (en général bien réalisée) ou la sincérité du vendeur (certains sont novices), surtout pour des meubles se réclamant de la tradition, voici quelques trucs à expérimenter en magasin pour aiguiser votre sagacité :

On reconnaît le caractère massif du bois constituant une pièce de meuble en essayant de retrouver une continuité logique de structure du bois sur ses deux faces et si possible sur la tranche en bois de bout : les cernes d'accroissement annuels visibles sur le bois de bout se poursuivent sur les deux faces en lignes parallèles ou ramageuses de façon cohérente. Sur les plate-bandes (amincissement des bords des panneaux), le bois massif se signale par ses fibres tranchées en bois de bout, aspect que ne peut montrer le placage moulé.

Mais prudence : ce mode de repérage peut être déjoué par des techniques parfaites d'imitation sur certains meubles importés, dont les pièces sont des chefs-d'oeuvre de l'art de la reconstitution ou même du moulage plastique... Si vous ne pouvez trouver de cohérence entre les deux ou les trois faces visibles de la pièce, alors il s'agit d'un panneau plaqué bois ou revêtu de papier décor, ou encore fait de mousse teintée-vernie de polyuréthanne injecté (ce dernier procédé permet surtout d'imiter économiquement les sculptures des meubles de style) : la valeur réelle du meuble est donc normalement très inférieure à celle du meuble en bois.

Entre placage et papier décor imitation bois, la distinction se fait à la loupe, car les différences de grain et d'épaisseur sont souvent trop faibles pour l'oeil même averti. Normalement un panneau plaqué ou revêtu montre des chants plaqués fil du bois en long, ce qui le différencie nettement du massif, qui présente une coupe de bois de bout, à moins qu'une alèse ou emboîture massive, elle, ne vienne à nouveau donner un doute...

Pour les "figures" du bois appelées loupes et ronces, chères parce que rares, comprenez que leur surface est limitée par la nature elle-même : un arbre ne peut donner, sauf à être un phénomène du patrimoine mondial et à ce titre intouchable, un placage de loupe ou de ronce d'un seul tenant pour garnir un plateau de table entier ou une porte d'armoire. Si c'est cependant le cas, il s'agit soit d'un placage reconstitué, soit d'un papier imprimé offset en continu. On retrouve également des reconstitués sur des petites portes et sur des côtés, en plusieurs morceaux frisés pour rechercher la conformité à cette tradition de l'ébénisterie. Cette technique peut donner le change.

Enfin, si vraiment vous ne pouvez vous débrouiller seul face à une incertitude après l’achat d’un meuble incomplètement décrit (cas fréquent des meubles importés), sachez qu'un spécialiste du CTBA pourra toujours vous aider à y voir clair, en vous proposant si c’est vraiment nécessaire une analyse microscopique pour authentifier la matière ou identifier le bois qui pose problème.

 
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