Les avancées technologiques font des exosquelettes une solution de plus en plus envisageable d’un point de vue économique, et les exemples d’application se multiplient dans différents secteurs comme l’industrie, le médical ou le militaire.  

Définition et taille du marché

L’AFNOR définit ainsi un dispositif d’assistance physique à contention de type exosquelette ou non : « structure revêtue entièrement ou partiellement par un individu aux fins d’assistance dans l’exécution de ses mouvements, la compensation de ses efforts et/ou l’augmentation de ses performances physiques dans la réalisation de sa tâche professionnelle dans l’objectif de productivité, de facilitation de l’usage, et de réduction des troubles musculo- squelettiques. »

Si toutes les études ne s’accordent pas sur la taille globale du marché dans le futur, les ordres de grandeurs sont comparables. En voici quelques exemples : 

  • Selon Global Market Insights, le marché américain en 2018 est estimé à 220 millions de dollars avec une perspective de 3,5 milliards en 2026.
  • Pour le cabinet d’étude ABI Research, le marché des exosquelettes représentait 192 millions de dollars en 2018 et devrait atteindre les 5 milliards d’ici 2028.

Des exemples d’application

On retrouve de nombreux exemples d’utilisation d’exosquelettes dans les secteurs industriels où il est nécessaire de déplacer des charges lourdes sur des trajets courts ou bien de réaliser des actions répétitives, comme par exemple le secteur automobile ou dans des secteurs qui nécessitent de la manutention. Quelques exemples :

  • Dans l'automobile, en France, on peut citer l’exemple de Renault qui en 2017 testait dans son usine de Flins les exosquelettes de la société française EXHAUSS11 qui permettent de porter des charges de 15 kg à bout de bras et sans effort comme les pots catalytiques.
  • Dans la logistique, la startup française HINTEK18, basée à Tourcoing, a développé en 2017 le harnais de manutention HINTEK pour pallier aux contraintes liées à la manutention de colis. Il permet de supporter des charges allant jusqu’à 30 kg et facilite l’ouverture d’une porte, de tenir une rampe d’escalier ou encore de parcourir quelques centaines de mètres dans un entrepôt.
  • Dans le secteur bois-ameublement.

Le projet EXTRAFOR

Dans le cadre de l'appel à projets national « innovation et investissements pour l'amont forestier » du 13 décembre 2016, FCBA en collaboration avec EXHAUSS, FNEDT, ONF, GCF, participe au projet Exosquelettes pour TRAvail en FORêt (EXTRAFOR). Alliant santé et performance, le projet EXTRAFOR s’intéresse aux contraintes mécaniques impactant les opérateurs lors de leurs activités de travail. Ce projet a pour ambition d’adapter les exosquelettes existants aux conditions et spécificités techniques des opérateurs forestiers afin de :

  • Préserver la santé des opérateurs existants ;
  • De maintenir les personnes atteintes de TMS en activité si elles le souhaitent ;
  • De rendre les métiers de l’exploitation forestière et des travaux sylvicoles moins contraignants physiquement et plus attractifs.

Les 4 étapes du projet EXTRAFOR

Il s’agit de définir un cahier des charges priorisant les besoins, ce qui permet dans un premier temps d’obtenir une réalité de l’activité de travail.
Il s’ensuit la conception de prototypes, 
ainsi qu’une mise en évaluation sur le terrain afin de valider ou non l’apport des solutions proposées,
pour finir vers le déploiement opérationnel des solutions trouvées afin d’accompagner le changement.
Bien sûr, des défis restent à relever : la question du coût, les verrous scientifiques et technologiques, mais le secteur est dans les starting-blocks !