Les bancs pour le bien-être des citoyens 

Dans le but de « lutter contre la sédentarité », quelques villes font disparaître les bancs publics, alors qu’ils sont pourtant plébiscités par les Français (cf. étude Kantar 2017). Et les Français ont raison d’y être attachés, car ce mobilier a toujours assuré une double fonction indissociable : offrir un instant de pose pour les passants et créer du lien social, puisqu'on s'y assoit à plusieurs. Il contribue également à embellir l'espace public. Ces multiples aspects suggèrent l'idée que le banc devrait être un service aux habitants, et donc pourquoi pas, un service public.
 
À Toulon, il ne reste plus que 5 bancs dans la partie réduite du centre ancien, dont deux placés sur le port. Une pénurie qui a donné naissance, en 2017, à l’association Robin des bancs, qui milite « pour que les municipalités comprennent enfin en quoi cet objet peut être source de lien social et de bien-être ». Elle propose un parcours artistique et touristique avec des œuvres d'art sur lesquelles il est possible de s'asseoir et organise même, tous les ans, la Fête du banc !
 
 
Petite histoire du banc 
Aussi loin que l'on remonte dans l'histoire du mobilier urbain, le banc public en est incontestablement le premier élément. Les connaissances de l’histoire urbaine nous rappellent que les bancs de façade existaient dès l’Antiquité : des bancs de pierre, adossés aux bâtiments, étaient disposés des deux côtés des portes des maisons. Mais c’est dans la première moitié du XIXe siècle que les bancs, mobiliers indépendants mais fixés au sol, contribuent à l’aménagement des boulevards des grandes villes européennes, là où, auparavant et selon les besoins, des loueurs de chaises proposaient leurs services sur ces boulevards. Avec l’installation des bancs publics, la possibilité de s’asseoir s’impose comme une amélioration du mode de vie dans les grandes villes.  
 
 
Le banc dans la ville
Dans le mobilier urbain, ce que nous considérons comme banc doit répondre à de nombreux usages : se reposer durant un parcours, faire une pause déjeuner, attendre le bus, contempler le paysage ou encore installer sa maison dans la rue même, dernier recours de l’errance. Disposé judicieusement, il permet tout et propose un service sans limite de durée. 
Il invite à s’installer, il suggère l’hospitalité. Il offre une halte pour le corps fatigué, un arrêt pour la personne à mobilité réduite, une pause pour la personne âgée à laquelle il permet de sortir de chez elle et de voir du monde, un refuge pour les amoureux, un terrain de jeux pour les adolescents qui traînent dans la ville ou un repère pour les mères de famille. Refuge pour le désespéré, le banc offre un service inestimable aux SDF et aux voyageurs sans domicile. Le banc cristallise la rencontre entre les personnes, il est un repère familier et parfois quotidien, un point fixe pour les rendez-vous.
Confortables, beaux, entretenus et sûrs, les bancs sont des objets de plaisir qui offrent la possibilité à chacun de s’asseoir pour contempler la lumière de la ville, et tout simplement prendre le temps de vivre. 
Fixé et ancré dans l'espace public, puisse-t-il encore longtemps être le support physique qui symbolise le partage de l'espace public entre les personnes, entre les assis et les debouts, entre les mobiles et les posés, entre ceux qui cherchent l'utilité et les rêveurs ! 
 
  • L'ouvrage intégral « Bancs de service public » de Jean-Paul Blais et Gérard Laizé, publié en 2016 par l'Ameublement français : 

"Bancs de service public"

  • Le site Robin des bancs :

http://robindesbancs.fr