Macro-économie : les prévisions pour 2018 et 2019

ÉconomieInternational Publié le par Audrey Michel
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Retrouvez ici les prévisions macro-économiques du Dr Mathilde Lemoine, Chef économiste groupe chez Edmond de Rothschild, publiées deux fois par an.
 
 
Juin 2018 : « Le retour de la suprématie américaine ? »
 
La croissance américaine pourrait accélérer jusqu’à 3% en moyenne en 2018. Après une croissance qui a accéléré partout dans le monde, seuls les Etats-Unis pourraient à nouveau connaître une hausse de leur activité économique en 2018 et redevenir ainsi un acteur à part entière de la croissance mondiale. Donald Trump pourrait gagner son pari de ramener les Etats-Unis dans la course.
 
La zone euro en panne. La croissance devrait décélérer à 1,8% en 2018 et à 1,6% en 2019 après 2,5% en 2017 en lien avec l’affaiblissement du dynamisme du secteur de la construction et l’appréciation passée de l’euro. 
 
Tensions commerciales sino-américaines : l’objectif américain consiste plus à accroitre les échanges qu’à les réduire. 
 
L’amélioration de l’environnement mondial provient d’un accroissement de l’endettement généralisé
 
 
 
Décembre 2017 : Croissance mondiale, prix des actifs « manipulés » et taux d’intérêts encore bas
 
Zone euro : une croissance qui restera très dépendante de l’immobilier, source potentielle d’instabilité
La croissance de la zone euro a significativement accéléré puisqu’elle a atteint 2.3% en moyenne durant les trois premiers trimestres de l’année 2017 après 1.8% en 2016. Le dynamisme de la croissance de la zone euro s’explique par la reprise des marchés de l’immobilier et par la forte progression des exportations. Le secteur de la construction explique à lui seul plus de 40% de l’accélération de la croissance du PIB de la zone euro. Durant les prochains trimestres, la demande de logements et les prix immobiliers devraient continuer à croître en zone euro et soutenir la croissance, mais ce sera une source d’instabilité financière. 
 
« Tout l'équilibre de l'économie américaine est fragile »   
La croissance américaine prendra partiellement le relai de la croissance chinoise : bien que la région asiatique se soit autonomisée, ce qui a eu pour effet de dynamiser ses propres moteurs de croissance, elle dépend encore des Etats-Unis. La mise en œuvre des baisses d’impôts aux États-Unis, mi-2018 comme nous l’anticipons, pourrait soutenir la consommation des ménages américains ainsi que les importations mondiales. Selon les calculs d’Edmond de Rothschild, aux Etats-Unis, la réduction des impôts en faveur des ménages devrait atteindre 138 milliards de dollars en 2018, mais la remise en cause de certains crédits d’impôt et la suppression de la déduction forfaitaire d’impôt sur le revenu serait de 121 milliards de dollars. En conséquence, l’effet sur la consommation des ménages ne serait que de 0.1 point de pourcentage. Tant que les salaires resteront contraints par la productivité, la demande progressera mollement et les perspectives d’accélération de l’activité seront limitées.
 
 
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